Basic IR ou CB-IR : quelle formation IFR choisir en 2027 ?
Dernière mise à jour : il y a 11 minutes
Avec quelques années de recul sur les formations CB-IR (une bonne dizaine d'années) et Basic IR (une demi-douzaine d'années), ainsi que des passerelles qui existent du Basic-IR à l'IR, peu importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse.
Le pilote privé
Du point de vue du pilote privé enthousiaste avec un petit budget qui a un travail à plein temps, une famille, un chien, des amis, des obligations et des imprévus, le Basic IR est sans doute la qualification la mieux adaptée pour trois raisons:
Le théorique n'expire pas, une fois qu'il est acquis, contrairement à celui du CB-IR qui expire au bout de 36 mois et que l'on doit repasser si jamais on n'a pas obtenu la qualification dans ce lapse de temps
La formation est entièrement basée sur les acquis, peu importe les moyens qui sont utilisés. Tout le temps que l'on passe sur FLight Simulator dans une pièce sombre de son sous-sol permet d'acquérir des compétences à condition de le faire intelligemment. Cela permet aussi de valoriser une formation hors ATO. On peut donc obtenir la qualification à moindre coût.
Il sera plus simple de trouver un ATO disposant d'un simulateur à un prix avantageux pour faire la formation Basic-IR, car le simulateur n'aura pas besoin d'être certifié.
J'ai eu plusieurs jeunes pilotes qui avaient beaucoup de facilité en formation parce qu'ils avaient lu beaucoup de littérature ou vu des vidéos sur le vol aux instruments, et appliqué ce qu'ils avaient appris sur simulateur chez eux. Lors de son vol d'évaluation, AE a maintenu la vitesse au noeud près, avec le LOC au centre et sur le glide tout au long de l'ILS. Autant dire que cette maîtrise des bases du vol aux instruments facilite beaucoup l'apprentissage des autres sujets, et permet d'arriver au niveau nécessaire à passer l'examen avec peu d'heures de formation, parfois moins que les 40 heures requises par la formation CB-IR, et certainement moins que les 50 heures de la formation modulaire traditionnelle.
Les minima majorés du Basic-IR ne représentent pas vraiment une contrainte pour un pilote qui vient d'obtenir la qualification de vol aux instruments, car il ou elle aura tout intérêt à s'imposer des minima personnels relevés pour ses premiers pas en solo en IFR jusqu'à avoir développé une plus grande aisance et confiance en soi. Bien au contraire, les minima majorés représentent une sécurité pour le pilote IFR inexpérimenté qui pourrait d'ailleurs s'imposer des contraintes encore plus fortes pour ses premiers vols.
Ne m'étant pas imposé ce genre de contraintes à l'époque, je me rappelle de mon premier vol en IFR après avoir obtenu ma qualification comme un grand moments de solitude, et du soulagement que j'ai ressenti lorsque je me suis retrouvé en VMC on top. Je me rappelle d'une approche en IMC de nuit avec beaucoup de turbulence que j'ai dû briefer sans pilote automatique qui m'a fait beaucoup réfléchir au bien-fondé de l'IFR en monopilote.
Le jour où on veut lever les contraintes imposées par le Basic-IR, on peut retourner en ATO afin de le convertir en IR comme je le décris dans le billet Convertir son Basic IR en IR. Dans sa plus simple expression, la conversion consiste en une évaluation théorique, pour s'assurer que le candidat maîtrise les règles opérationnelles de l'IR en Part-NCO, une évaluation pratique pour s'assurer que le candidat est capable de faire une approche 3D aux minima CAT 1, qui sert aussi de répétition avant l'examen pratique. Si l'évaluation dévoile des lacunes, une entraînement sera proposé avant l'examen pratique.
Le pilote à vocation professionnelle
Le cursus "classique" des pilotes professionnels comprend l'IR modulaire "50 h", mais avec l'avènement du CB-IR "40 h", beaucoup se sont tournés vers cette formule. Des élèves à "petit budget" ont commencé à voir dans le Basic-IR un moyen de faire encore quelques économies supplémentaires en passant cette qualification, puis en faisant une partie de leur "mûrissement" en IFR avant de le convertir en IR et geler leur ATPL théorique. Puisqu'ils ont l'ATPL théorique qui inclue le cours HPA, ils n'ont pas la limitation "CB" contrairement à ceux qui passent le théorique BIR ou CB-IR.
Aujourd'hui, un de mes premiers élèves qui a suivi cette voie est pilote de ligne sur A320
Conclusions
Pour de nombreux pilotes privés, le Basic IR (BIR) constitue aujourd'hui une voie d'accès souple et abordable au vol aux instruments (IFR). Ses privilèges couvrent la majorité des besoins de voyage en aviation générale, tout en s'accompagnant d'une formation et de modalités de maintien de compétence simplifiées. Il est également généralement plus facile de trouver un ATO proposant une formation Basic IR sur simulateur, alors que la formation CB-IR requiert l'utilisation d'un FNPT II, ce qui peut limiter l'offre disponible.
Pour les pilotes dont les objectifs nécessitent l'ensemble des privilèges de l'Instrument Rating (IR), ou qui envisagent à terme une carrière professionnelle, le BIR peut néanmoins constituer une excellente première étape. Il permet d'acquérir progressivement l'expérience et les compétences nécessaires au vol IFR avant d'envisager, le moment venu, une conversion vers l'IR complet. Cette approche offre une progression pragmatique et permet d'étaler l'investissement en formation au rythme de l'expérience acquise.




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